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Actualités

Vous trouverez dans cette rubrique les actualités d'Unité, de ses organisations membres ou d'autres institutions suisses ou internationales ayant trait à la coopération au développement et plus particulièrement à l'échange de personnes.

© Armée du Salut, Mission et développement

L'organistion « Corporacion Claretiana » est active depuis plus
de 20 ans dans la défense des droits humains, la promotion
de la vie, de la nature, la défense de l’environnement dans
la perspective d’une paix équitable.

L'association COMUNDO Suisse romande a le plaisir de vous inviter à trois soirées projection-débat à Lausanne, Neuchâtel et Fribourg. 

Trois occasions de découvrir le magnifique documentaire « WAKENA – des peuples indigènes en voie d'extinction », réalisé par Bladimir Sánchez Espitia et Rosana Fuentes Bolaño.

Ce documentaire de 25 minutes aborde la thématique du déplacement forcé des populations indigènes vivant dans les départements de Casanare et Vichada en Colombie. La réduction de leur territoire ancestral, accaparé au profit de projets agro-industriels et miniers, provoque un profond bouleversement des modes de vie et cultures traditionnels, jusqu'à mettre en danger la survie de ces communautés.


Dates et lieux
-Mercredi 25 octobre, 18h30 : Lausanne, UNIL Anthropole, salle 4021, métro m1 UNIL-Chamberonne
-Jeudi 26 octobre, 18h30 : Neuchâtel, Galerie YD, Rue Fleury 6
-Mardi 31 octobre, 18h30 : Fribourg, COMUNDO Suisse romande, Rue des Alpes 44


Ce documentaire a été produit par la Corporación Claretiana Norman Pérez Bello, organisation partenaire de COMUNDO en Colombie, dans laquelle s'engage actuellement Yina Avella. Spécialisée dans la justice transitionnelle, notre coopér-actrice s'engage aux côtés des collaborateurs locaux pour défendre et protéger les populations indigènes et paysannes ainsi que les victimes du conflit armé.
Plus d'informations sur le projet de Yina Avella ici.

Chaque projection de ce documentaire sera suivie par un débat encadré par un-e spécialiste ainsi qu'un apéritif :
- Lina Muñoz, anthropologue spécialisée en mobilisation sociale des femmes et économies extractivistes (Lausanne)
- Laura Flórez, anthropologue spécialisée en paramilitarisme et défense des droits humains (Neuchâtel)
- Guillaume Bégert, juriste spécialisé en droit international humanitaire et migrations (Fribourg)

Entrée gratuite, collecte à prix libre.
Flyer
Contact : pauline.garcia@comundo.org

Photo: Armée du Salut, Programme de soins de santé de base,
Congo-Brazzaville

 

L'austérité ne devra pas primer outre mesure dans les dépenses consenties pour l'aide au développement. Par 101 voix contre 86, le National a rejeté mercredi une motion visant à ne plus s'en tenir à l'objectif d'une part de 0,5% du revenu national brut (RNB).

Article de ATS, paru le 27.09.2017 sur le site web du Parlement suisse

La motion de la commission des finances visait à ne tenir compte que de la situation des finances fédérales. Neuf PLR ne l'ont pas soutenue alors que l'UDC a voté en bloc pour elle.

L'aide au développement fait régulièrement l'objet d'attaques de la droite lorsqu'il s'agit de voter des crédits ou le budget. Sans aller aussi loin, le Conseil fédéral soumet la coopération internationale à une cure d'austérité. Dans sa proposition pour les années 2017 à 2020, il se fondait ainsi sur un taux de 0,48% du RNB.

L'aide internationale a été touchée de manière surproportionnelle par les mesures d'économies ces dernières années. Des coupes de 150 millions sont encore prévues entre 2018 et 2020. La Direction du développement et de la coopération devra se passer de 130 millions et le Secrétariat d'Etat à l'économie de 20 millions.

La motion ne vise pas à réduire les fonds, s'est défendu en vain Albert Vitali (PLR/LU) au nom de la commission. L'objectif de 0,5% du RNB d'ici 2015, fixé par le Parlement en 2011, a été atteint: le taux était de 0,54% en 2016.

Au vu de l'état des finances fédérales, il n'est plus nécessaire de brider le Conseil fédéral et le Parlement, a-t-il poursuivi. Plusieurs UDC ont en outre remis en cause l'efficacité de l'aide suisse au développement.

Mauvais signal

La gauche, le PDC, le PBD et le PVL ne l'entendaient de cette oreille. Ils ont dénoncé une manoeuvre qui pourrait non seulement nuire à la crédibilité de la politique étrangère suisse, mais aussi réduire sa marge de manoeuvre. La Genève internationale pourrait en faire les frais, selon Margret Kiener Nellen (PS/BE).

En ne prenant que pour objectif la situation des finances, on pourrait finir par ne plus dépenser un centime pour l'aide au développement, selon Daniel Brélaz (Verts/VD). La coopération a besoin de stabilité.

La Suisse a la chance d'être un pays qui fonctionne bien et dont les comptes bouclent dans le noir. Elle peut donc se permettre un geste envers les plus démunis, a fait valoir en substance Philipp Hadorn (PS/SO).

La coopération internationale est une contribution décisive à la démocratie, au développement économique et à la sécurité dans les pays concernés. Elle permet aussi de réduire les migrations vers l'Europe, a ajouté Claude Béglé (PDC/VD).

Valeur indicative

Le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter s'est interrogé devant une motion "étonnante". Elle demande au Conseil fédéral de tenir compte des finances fédérales. "Comme s'il ne le faisait pas !". Et le conseiller fédéral d'appeler les parlementaires à trouver des équilibres dans le budget sans opposer des domaines de dépenses à d'autres.

Le gouvernement n'est pas obnubilé par le taux de 0,5%. Le calcul en fonction du RNB a avant tout d'une valeur indicative. Sans elle, le Parlement serait privé d'une donnée essentielle pour apprécier le montant des ressources de la coopération internationale. Les Chambres restent ensuite libres d'adapter ou non les crédits.

La part du RNB est un indicateur international qui permet de comparer l'effort fourni par les pays de l'OCDE. De 2006 à 2016, les dépenses helvétiques comptabilisées dans l'aide publique au développement sont passées de 2,06 à 3,51 milliards, soit une hausse de 70%. Toutefois si l'on exclut l'asile du calcul, l'augmentation se limite à 49%.

Les 17 objectifs de développement durable (ODD) et leurs
169 cibles (sous-objectifs) forment la clé de voûte de
l'Agenda 2030.

Des ONG suisses s'engagent ensemble pour la mise en œuvre de l'Agenda 2030 de l'ONU et de ses 17 objectifs de développement durable. Aujourd'hui une plateforme a été lancée à Berne pour s'assurer que la durabilité, à tous les niveaux, devienne le but ultime de la Confédération et d'autres décideurs.

 

Communiqué d'Alliance Sud du 25 septembre 2017.

 

La Suisse s'est beaucoup engagée dans la formulation des ambitieux objectifs de la communauté internationale. Il y a exactement deux ans, le 25 septembre 2015, presque tous les chefs d'Etat et de gouvernement se sont réunis à New York pour signer l'Agenda 2030 de développement durable.

Pour s'assurer que la Suisse passe des paroles aux actes, une quarantaine d'organisations de la société civile suisse ont lancé aujourd'hui une plateforme commune. Elle vise à renforcer ses exigences de mise en œuvre de l'Agenda 2030 en Suisse et par la Suisse.

L'envoyé spécial pour le développement durable de la Confédération, l'ambassadeur Michael Gerber, a salué les représentants d'organisations de développement, de droits humains, de la paix, de l'environnement et des syndicats et il s'est réjoui que la société civile fasse bloc : « Sans la participation active et la pression de la société civile, nous n'allons pas pouvoir atteindre les objectifs ambitieux de l'Agenda 2030. »

Lors de son assemblée de lancement, la plateforme a aussi reçu le soutien de la science. Peter Messerli, professeur au Center for Development and Environment (CDE) de l'Université de Berne, et co-directeur du groupe scientifique d'experts chargé de rédiger le rapport global sur la durabilité sur mandat de l'ONU, a affirmé : «Le plus grand potentiel de transformation de l'Agenda 2030 réside dans l'étroite interdépendance des 17 objectifs. Il faut une responsabilité universelle pour mettre en œuvre et inclure des réseaux décentralisés d'acteurs. Les partenaires de développement publics, privés et de la société civile doivent repenser et renouveler leurs stratégies. »

Le comité de la Plateforme Agenda 2030 de la société civile, élu pour la première fois, représente, avec ses exigences d'une véritable durabilité dans la politique nationale, une grande partie de la population suisse. La plateforme va regarder si la Confédération met en œuvre de façon cohérente l'Agenda 2030. Eva Schmassmann d'Alliance Sud, le Think and Do Tank des organisations suisses de développement et présidente de la plateforme, souligne que : « Au milieu de l'année prochaine déjà la Suisse va devoir présenter un rapport à l'ONU sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de cet agenda. Jusqu'à présent les progrès au niveau fédéral sont restés malheureusement très limités. »

Dans les prochaines semaines et mois la plateforme va :

- Élaborer des recommandations d'action pour la mise en œuvre de l'Agenda 2030 à l'attention des politiciens, de l'administration suisse et d'autres décideurs.
- Promouvoir le dialogue et l'échange au-delà des frontières sectorielles et encourager la prise en compte de perspectives différentes
- Sensibiliser et informer l'opinion publique sur l'Agenda 2030.


Pour plus d'informations:
Sara Frey, responsable du dossier Agenda 2030, Alliance Sud, Tél. +41 76 388 93 31

Pôle permanent de réflexion et de renforcement des capacités, la FEDEVACO s'associe au centre de formation reconnu, l’association Isango. Une convention de partenariat vient d’être signée. Grâce à ce nouveau partenariat, les associations membres de la FEDEVACO bénéficient désormais d’un accès illimité aux formations Isango, à prix préférentiel* (gratuite sous certaines conditions; les coûts d’hébergement éventuels restent toutefois à la charge des participants). Ce partenariat porte également sur une réflexion commune autour de l’importance de la formation continue, orientée vers une approche participative.

Dès 2018, un programme de formation commun sera proposé certifié EduQua. Ce partenariat élargit ainsi la palette de services de la FEDEVACO, visant le renforcement de capacités des associations porteuses de projets de solidarité internationale. Dans l'intervalle, les associations membres peuvent bénéficier de conditions avantageuses pour les modules suivants:

  1. Empowerment et accompagnement de processus – du 7 au 8 octobre
  2. Contexte fragile / stress et sécurité – du 10 au 12 novembre
  3. Renforcement institutionnel / gestion de projet – du 8 au 10 décembre 

Fruit de la mise en commun des quatre plus grandes organisations romandes de coopération par l’échange de personnes COMUNDODM-échange et missionE-CHANGER et Eirene, le "catalogue" Isango offre une occasion unique de se perfectionner avec des formatrices et des formateurs expérimentés dans la coopération au développement et la formation d'adultes. Chaque module est organisé sous forme d’ateliers, usant de méthodologies participatives et d’éducation populaire. Ils peuvent être suivis de manière indépendante.

Programme détaillé et modalités d'inscription

 

* gratuité des coûts de formation pour les membres de la FEDEVACO dont le nombre d’EPT (emploi équivalent plein temps) est inférieur à 5. Les coûts d’hébergement des formations résidentielles sont toutefois à la charge des participants à hauteur de CHF 70 par jour couvrant les frais de logement et nourriture.

Chantal Peyer est cheffe d'équipe du secteur «Entreprises et
droits humains» à Pain pour le prochain

La montée des populismes aux Etats-Unis, en France et ailleurs met à jour les peurs de nombreux citoyen-ne-s face à l'avenir. Elle révèle également un besoin : celui de se réapproprier l'avenir, celui de pouvoir agir sur son quotidien, celui d'avoir une influence sur les décisions politiques et économiques qui nous concernent. En deux mots, la montée du populisme révèle le besoin de se réapproprier le débat citoyen, ce débat qui est le socle sur lequel repose la démocratie et qui, depuis plus de deux siècles, a été à l'origine des principales législations qui ont conduit à des progrès sociaux.

Article de Chantal Peyer, paru dans la revue Praxis n°4 

Aujourd'hui, il est un domaine qui échappe trop souvent, dans les pays riches comme dans les pays pauvres, à ce débat citoyen : celui des entreprises transnationales. Jamais dans l'histoire de l'humanité celles-ci n'ont concentré autant de richesses. Avec un chiffre d'affaire de plus de 27.6 billions de dollars, presque le double du PIB des Etats-Unis, les 500 plus grandes entreprises mondiales contrôlent une part conséquente de l'économie mondiale (chiffres 2015). L'activité de ces entreprises a un impact énorme sur la vie quotidienne des populations des pays en développement, que ce soit au niveau fiscal, de l'emploi, des droits humains ou de l'environnement. Et, régulièrement, cet impact est négatif. Prenons deux exemples. En mai de cette année Pain pour le prochain publiait un rapport sur les activités de Holcim-Lafarge en Ouganda. Cette étude montre que durant plus de dix ans, l'entreprise suisse a bénéficié du travail des enfants dans les carrières de pouzzolane. En avril 2014, une autre étude a démontré que l'entreprise de matière première Glencore, basée à Zoug, continuait de polluer la rivière Luilu en République Démocratique du Congo, malgré des promesses d'assainissement. Dans cette rivière, la faune et la flore est détruite en raison des taux élevés de métaux lourd et l'eau ne peut même plus être utilisée pour faire de la vaisselle.

Introduction de critères de diligence

Face à ces abus, une coalition de plus de 80 organisations non-gouvernementales et associations suisses ont déposé auprès de la chancellerie fédérale, en octobre 2016, l' «Initiative pour des multinationales responsables ». Par cette initiative, elles souhaitent lancer un débat citoyen sur la responsabilité sociale des entreprises et demandent l'introduction, pour ces dernières, d'un devoir de diligence en matière de droits humains et d'environnement, aussi pour leurs activités à l'étranger. Un tel devoir ne fait que reprendre les standards reconnus au niveau international. Et dans le droit suisse, il existe déjà en matière de lutte contre la corruption. Confrontés au débat, les lobbys économiques crient cependant au scandale et affirment que l'adoption de code de conduite volontaires suffit à diminuer les violations des droits humains commises par les firmes suisses à l'étranger. « Circulez, il n'y a rien à voir, l'économie s'auto-régule très bien toute seule »... Mais ces lobbys font erreur : en refusant le débat de société, ils ne font qu'alimenter le populisme. Et ratent l'opportunité de s'engager dans une discussion ouverte et visionnaire pour le monde, de demain.

 
 
Chantal Peyer
Cheffe d'équipe du secteur «Entreprises et droits humains» à Pain pour le prochain

 

 

 

 

Le Conseil fédéral a publié aujourd’hui son message sur l’initiative pour des multinationales responsables. Bien qu’il reconnaisse que les violations des droits humains commises par des multinationales suisses représentent un problème, il maintient son approche purement volontaire et espère qu’à l’avenir, les multinationales peu scrupuleuses respecteront aussi les droits humains. Comme en attestent de nombreux exemples, les mesures volontaires n’entraînent pas de remise en question au niveau de la direction des multinationales. C’est pourquoi de nombreux pays ont adopté des lois contraignantes, notamment pour lutter contre le travail des enfants.

Ce que demande l’initiative
L’initiative demande que toutes les entreprises respectent les droits humains dans l’ensemble de leurs relations d’affaires. Pour s’assurer que les multinationales adhèrent à cette obligation, des conséquences sont prévues en cas d’abus. Les entreprises seront en effet tenues responsables de leurs atteintes aux droits fondamentaux et à l’environnement.

Une lecture correcte de l’initiative
Les initiants saluent le fait que le Conseil fédéral, contrairement aux lobbies économiques Economiesuisse et Swissholdings, ait correctement interprété le texte de l’initiative. Ainsi, le Conseil fédéral affirme que le mécanisme de responsabilité civile prévu par l’initiative s’appliquera uniquement aux violations des droits humains commises directement par une multinationale respectivement sa filiale. Par ailleurs, il souligne à juste titre que les PME ne seront pas concernées par l’initiative.

Commentaire du co-président du comité d’initiative
Dick Marty, co-président du comité de l’initiative pour des multinationales responsables, réagit face à l’obstination du Conseil fédéral : « Si nous voulons que les multinationales opèrent de manière décente, les violations doivent avoir des conséquences. C’est pourquoi les entreprises doivent être responsables des atteintes aux droits humains et à l’environnement. Cela est aussi dans l’intérêt des entreprises respectueuses et de la réputation de l’économie suisse. »

Documents sur l’initiative :
Analyse du message du Conseil fédéral du 15 septembre 2017 
Rapport explicatif du texte de l’initiative pour des multinationales responsables

Pour Patrice Meyer-Bisch, la liberté économique des pauvres
est absolument centrale.
Photo: Sergio Ferrari

Dans un monde en pleine mutation, le concept de solidarité exige d'être reformulé. Tel est l'avis exprimé dans un entretien avec «Praxis» par le philosophe suisse Patrice Meyer­Bisch, président de l'Observatoire de la diversité et des droits culturels et coordinateur de la chaire UNESCO à Fribourg.

Article de Sergio Ferrari, paru dans la revue Praxis n°4

 

Nous vivons sur une planète qui se meut entre un marché globalisé et l'augmentation des murs comme des peurs envers « l'autre », le différent. Comment interpréter ce contexte délicat pour la solidarité et la coopération ?

Patrice Meyer­Bisch : Le cadre universel admet deux lectures. La lecture pessimiste est la continuité, voire le développement des guerres, des exclusions et d'un individualisme de masse accentué, avec un marché, illusoirement « globalisé », vu qu'il ne bénéficie qu'à une petite partie de la planète. Il faut y ajouter la nouvelle politique nord­américaine qui cherche à créer des murs pour contrôler les personnes et l'économie. Ce n'est pas du libéralisme au sens classique, puisque les libertés de chacun sont hors­jeu. L'autre vision, plus optimiste, est une situation de crise avec des espaces pour l'innovation. Nous le voyons ainsi sur le plan culturel : il y a quelques années encore, on ne parlait pratiquement pas de droits culturels. Aujourd'hui, de nombreuses voix insistent sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un pilier en plus, mais de la base même pour définir le type de développement que nous voulons, et qu'il est nécessaire de faire comprendre l'importance des droits humains dans l'économie.


En quoi ce contexte mondial constitue un défi conceptuel pour la solidarité ?

Il faut clarifier et définir ce que sont les libertés économiques. Pourquoi, par exemple, ne pas parler des libertés économiques des pauvres ? Quand un être humain n'a pas un sou dans son porte­monnaie pour acheter ou vendre, ni pour garantir l’essentiel pour sa famille, il s’agit d’un être profondément humilié. La liberté économique des pauvres est absolument centrale, elle a la même importance que d’autres comme la liberté d’expression ou de déplacement, etc. Je pense que le concept central de la liberté économique des pauvres – et donc des obligations économiques de tous – est une manière réelle de penser et d’exercer la solidarité, comme moyen pour garantir le droit de chacun de nourrir les siens et de se nourrir, ainsi que les autres droits humains.


Dans cette lecture, comment intégrer la solidarité entre le « Nord » et le « Sud » ?

En tentant de nous éloigner des amalgames rhétoriques. Il ne faut pas parler de nations riches et pauvres – bien qu’il existe des différences notables entre les pays –, mais surtout de gens plus riches que d’autres. L’exploitation des pauvres par les riches se produit dans tous les pays. Il y a de très nombreux riches dans les pays catalogués comme « pauvres » et des gens extrêmement pauvres à Zurich ou à Genève. Les simplifications conceptuelles bénéficient aux divers types de conservatismes. Par exemple, aux gouvernements des pays « en voie de développement », qui arborent leur pauvreté pour obtenir l’aide internationale, et aux pays du « Nord », qui font un peu de coopération, sans s’attaquer aux vrais problèmes. Comme par exemple l’indifférence face au scandale de la vente au Sud de produits pétroliers trois fois plus toxiques qu’ici, qui signifie entraîner la mort de milliers de personne, dans l’indifférence des irresponsables coupables. Ou l’acceptation des salaires démesurés : l’année passée, le directeur de Novartis a gagné un million de francs par mois. C’est un crime économique. Mais ces situations ne produisent pas de grandes réactions, si ce n’est celles de quelques organisations non­gouvernementales et d’une petite partie de la population.


Que signifie alors la coopération ?

Un exemple concret. Nous travaillons depuis l’an 2000 au Burkina Faso pour élaborer des indicateurs de droits à l’éducation de base. Les lois de ce pays sont conformes aux textes internationaux. Néanmoins, malgré l’appui de l’aide internationale, il subsiste un taux d’analphabétisme qui était encore ces dernières années de 75 %. Ceci, car l’école est néocoloniale et qu’elle se fait en français, alors que cette langue n’est parlée que par 6 % de la population. Des personnes analphabètes ne voulaient pas envoyer leurs enfants à l’école, non par ignorance, mais parce qu’ils avaient un concept fort, intelligent et correct de l’école souhaitable. Ils rejettent alors ce type d’institution néocoloniale qui déracine et menace leur propre culture. La véritable coopération se fait entre divers acteurs autour des valeurs profondes telles que le type d’éducation qu’ils veulent transmettre à leurs enfants, avec une forte participation des personnes à tous les niveaux : écoles, communes, association de mères et de familles. Dans cet exercice, le facteur humain est clé.

Cet exercice que vous décrivez suscite un questionnement de la  coopération traditionnelle ?

Sans aucun doute. La coopération est centralisée. Elle cherche à reproduire des modèles connus, en pensant que ceux­ci peuvent être exportés et appliqués dans les pays pauvres. Avec l’idée que tout y manque, y compris l’intelligence, et sans accepter une autre perspective : une personne ou une population pauvre sont potentiellement riches et la pauvreté est due au fait que leurs droits essentiels sont violés. On peut y aller pour observer, accompagner avec respect, pour renforcer des processus. Nous n’y allons pas pour « mesurer la pauvreté » et transférer nos logiques de mesure, d’impact, d’effets. Comme si nous savons tout mieux …


Ce nouveau paradigme implique­t­il la recherche de  propositions  alternatives ?

Je n’aime pas ce concept « alternatif », qui suppose l’existence d’un modèle unique, principal, dominant. Il faut tout réformer, changer de paradigmes, trouver un langage authentique quant aux droits et aux libertés économiques et donner un sens beaucoup plus puissant à la démocratie. C’est ce que nous appelons l’approche basée sur les droits de l’homme en développement.

 

Fernanda Gurzeler & Raji Sultan

Unité est une association dynamique et toujours en mouvement. Cela concerne également nos collaborateurs. Ainsi, Raji Sultan, depuis plusieurs années à Unité, reprend le poste de secrétaire général des mains de Georg L’Homme. La poste de responsable de la communication et des relations publiques qu’occupait Raji est quant à lui repris par notre nouvelle collaboratrice, Fernanda Gurzeler.

Vous trouverez ci-dessous un court portrait des deux collaborateurs, ainsi que leurs adresses de contact.

 

Raji Sultan

Secrétaire Général

r.sultan@unite-ch.org

Ces dernières quatre années, Raji Sultan était responsable de la communication et des relations publiques pour Unité. Avant cette tâche, il a travaillé cinq ans et demi dans une fonction similaire, et en tant que secrétaire scientifique, pour la Fondation Brocher, à Genève. Après l’obtention de sa licence en relations internationales à Institut des Hautes Etudes Internationales de Genève, en 2005, il a également travaillé comme collaborateur spécialisé à l’Ambassade de Suisse au Liban.

 

Fernanda Gurzeler

Communication et relations publiques

f.gurzeler@unite-ch.org

Fernanda Gurzeler a été plusieurs années responsable de programme pour l’Amérique latine et les caraïbes à l’Armée du Salut Suisse, puis responsable des programmes d’échange et de la communication, avant d’y être dernièrement responsable de l’unité asile et migration. En 2008, elle a obtenue une. licence en relations internationales à Institut des Hautes Etudes Internationales de Genève. Une formation continue à l’EPFZ a complété ses connaissances dans le domaine de la coopération internationale.

Tobie Lehmann

Pour vous, c’est quoi la coopération par l’échange de personnes ? Voilà la question à laquelle ont répondu, à l’occasion d’un concours-vidéos, cinq professionnels affectés sur le terrain dans des programmes de développement par des organisations membres d’Unité. Dans ces petits clips, ils partagent leur perception de l’impact de cette forme de coopération à visage humain, pour les communautés locales qu’ils ont côtoyées et pour l’organisation partenaire à laquelle ils ont mis leurs compétences à disposition. Ils expliquent également comment cette expérience a changé leur vision du monde. Une nouvelle perspective qu’ils pourront également partager en Suisse à leur retour.

La vidéo de Tobie Lehmann, lauréat du concours et affecté par le CEAS à Madagascar du 1er novembre 2016 au 23 avril 2017.

Voir toutes les vidéos

© Daniel Hitzig/Alliance Sud

e Conseil fédéral a présenté sa proposition de budget fédéral 2018, sous le titre « un résultat équilibré ». Il s’agit en réalité d’un paquet d’économies complètement unilatéral qui devrait aller aux dépends de la coopération au développement.

Communiqué de presse d’Alliance Sud du 28 juin 2017

Les coupes visées par le Conseil fédéral dans le budget 2018 pourraient difficilement être moins équilibrées. Dans la défense nationale il est prévu d’augmenter les dépenses de 2.8%, alors que les dépenses pour la formation devraient stagner. En agriculture le Conseil fédéral prévoit certes des coupes d’environ 3%, mais on voit difficilement comment le Parlement, dans sa composition actuelle, pourrait les accepter.

En 2016, environ 150 millions de francs ont déjà été coupés dans la coopération internationale. Le Conseil fédéral avait promis que les dépenses augmenteraient de nouveau rapidement. Pourtant maintenant il veut de nouveau couper 150 millions, ce qui correspond à une réduction additionnelle de 2% par rapport à 2017. Une fois de plus, c’est l’engagement de la Suisse en faveur d’un monde juste et de la paix qui va en faire les frais. Les mesures d’économie vont aller aux dépends de l’aide humanitaire et de la coopération au développement à long terme et toucher aussi bien la coopération bilatérale que multilatérale, par exemple les programmes de développement de l’ONU. Seule l’aide d’urgence immédiate et la promotion de la paix sont épargnées.

La coopération au développement n’est pas seulement synonyme de solidarité, elle est aussi stratégiquement indispensable pour le bien-être de la Suisse. Elle donne des perspectives de vie dans les pays pauvres et fragiles, elle sert à prévenir l’extrémisme violent, les conflits armés et la fuite et elle sert aussi l’économie suisse, fortement orientée vers l’extérieur. Malgré cela, c’est précisément ici que le Conseil fédéral veut couper. Stratégiquement, c’est simplement déraisonnable. La population suisse pense pourtant plus loin : Dans l’étude sur la sécurité 2017 de l’ETH (en allemand), seuls 12% des sondés pensent que la Suisse dépense trop peu pour sa défense. Par contre, 65% exigent que la Suisse donne plus d’aide au développement pour assurer ses intérêts et contribuer à la sécurité du monde.

Pour plus d‘informations: Mark Herkenrath, directeur d‘Alliance Sud, 078 699 58 66.